Autre contact : Jacques Dezetter Tél : 06 63 76 68 56courriel
Pierre Marhic Président de l'ANVVEN :
Maistrance de la promotion 64/65, ancien S/M détecteur du Clemenceau puis officier d'administration, engagé avec la force ALPHA lors des essais nucléaires en Polynésie (1968), je préside (avec 2 autres O/M) l' Association Nationale des VétéransVictimes des Essais Nucléaires A.N.V.V.E.N déclarée à Brest et dont le but est de venir en aide aux collègues et leurs ayants droit (veuves et orphelins).
Les essais nucléaires furent impitoyables pour nombre d'entre nous qui subissent de graves séquelles nécessitant des traitements lourds et invalidants. De nombreux camarades sont prématurément décédés, laissant une famille désemparée. La Nation ne reconnaît pas le lien de causalité imputable au service rendu et les actions individuelles engagées en vue d'une reconnaissance assortie d'un juste dédommagement sont une nouvelle épreuve souvent insupportable pour nombre d'entre nous.
Rejoignez-nous car c'est le nombre qui fera notre force
La mise en place de la dissuasion nucléaire comme principe suprême de la Défense nationale a nécessité une série d'expérimentations au Sahara puis en Polynésie.
Réalisés entre 1960 et 1998, ces essais aériens ou souterrains ont mobilisé le savoir,
la compétence et la disponibilité des personnels civils et militaires.
En dépit des mesures de prévention, mal appréciées du fait même de la méconnaissance des phénomènes provoqués, des effets dommageables ont affecté un grand nombre de participants, embarqués ou stationnés sur les sites.
Les querelles de chiffres sont inutiles en présence d'un pareil fléau, comparable aux ravages de l'amiante. Les pathologies sont lourdes et diverses; aucune fonction ne semble devoir être épargnée et la descendance est parfois injustement frappée.
Face à l'épreuve, les victimes sont trop souvent seules et l'entourage vit dans l'angoisse et l'interrogation.
Combien de décès intervenus prématurément,
dans la force de l'âge, sans autre facteur tangible que la présence sur les sites d'essais nucléaires?
Le faisceau de présomptions est flagrant, indiscutable. Certains pays ont reconnu le lien de cause à effet et indemnisé les victimes ou leurs ayants droit. En France,
l'imputabilité au service n'est que rarement reconnue malgré les démarches effectuées ici ou là. L'action individuelle et isolée demeure difficile, aléatoire et constitue une nouvelle épreuve parfois insupportable.
C'est pourquoi, nous avons décidé de nous regrouper en une association déclarée à la sous-préfecture de Brest le 19 novembre 2003 et ouverte à tous les vétérans et leur famille.
Le siège social a volontairement été établi dans la région brestoise pour témoigner d'une attention particulière envers les marins qui furent nombreux à participer aux campagnes de Mururoa, Hao, Fangataufa….
Chacun reconnaît le sentiment de vraie solidarité qui réunit les gens de la mer.
Les objectifs de notre association A.N.V.V.E.N sont doubles :
Notre jeune association se met en place de façon responsable, dans le bénévolat absolu en faisant appel à la générosité des adhérents.
Un site Internet est facilement accessible et propose une information utile et documentée; les photos sont toutes remarquables.
Des responsables de secteur vont rapidement travailler dans le Finistère et au-delà, pour mieux diffuser et structurer notre action.
Deux avocats seront chargés d'instruire et plaider les dossiers individuels. Diverses démarches continueront d'être menées auprès des responsables susceptibles de faire progresser notre cause.
Des courriers seront régulièrement adressés à la presse et aux différentes autorités.
La tâche est lourde mais nous l'abordons dans la confiance, avec la volonté de remplir une nouvelle mission afin que certains sacrifices pour la défense de la Nation, ne sombrent pas dans l'indifférence ou l'oubli.
Pierre Marhic président de l'ANVVEN
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Jacques Dezetter webmaster de l'ANVVEN :
Mon histoire sur les essais nucléaires est simple aussi. Je suis parti comme d'autres sur le A.E.PROTET. (aviso escorteur) pendant deux ans vers la Polynésie Française.
Au départ personne nous avait prévenu que nous partions vers l'enfer des essais nucléaires !
J'ai admiré 6 tirs de 1965 à 1967.
Le rôle des avisos escorteurs étaient de suivre les nuages radio-actif, voir leur trajet et si ce nuage arrosait des atolls, descendre à terre et constater les dégâts dus à la pluie sur les individus et la flore.
Il arrivait que notre médecin militaire aille voir les femmes enceintes , et les inciter à se rendre en visite médicale vers Papeete ! En revenant ces femmes avaient avortées!
Nous faisions aussi la police interdisant aux voiliers et journalistes d'accoster sur ces îles.
Il y avait aussi des chalutiers bardés d'antennes qui faisait des ronds dans l'eau près des atolls .
Bien souvent nous avons reçu des grains de pluie sur notre bateau (le nuage était radioactif), l'eau de mer que nous buvions en eau douce était irradiée.
Le fameux "dosimètre " qui équipait chaque personne à bord était rarement contrôlé !
Un nettoyage s'imposait et les personnes irradiés passaient sous la douche spéciale ou attendaient à la sortie des compteurs Geiger! A bord il y a eu 3 décès suspects (genre leucémie). Ce personnel était rapatrié vers la France et par courrier nous apprenions leurs décès.
Moi même , nous avions conçu notre fille au retour des essais nucléaires de l'océan pacifique, Polynésie Française. A l'age de 6 ans ma fille est décédée d'une "leucémie" aiguë en 6 mois de temps, pourquoi ? Un Hématologue me l'a dit, j'ai été irradié, lors de la conception le gène a été déformé. Ce ne serait pas rare ! J'ai constaté d'autres preuves et surtout dans la population Polynésie.
Il n'y avait aucun cas de cancer dans nos deux familles .
J'ai donc décidé de me battre comme des collègues bien portant , pour ceux qui sont Décédés, les Veuves et ayants-droit.
Nous voulons dénoncer l'erreur de l'état, et de la Marine Nationale (qui nous a oubliée) Ce combat risque de durer bien longtemps !
Mais une question se pose, pourquoi la France n'a pas reconnue ses erreurs alors que d'autres pays tels les USA l'ont reconnu ?
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Extrait du journal le "TELEGRAMME" du 17.04.2004
Essais nucléaires :
Certaines victimes attaquent l'Etat
Créé en novembre dernier, l'association nationale des vétérans victimes des essais nucléaires (Anvven) continue de mobiliser ses adhérents au nombre de 100, à ce jour.
Une quinzaine de dépôts de plainte contre l'Etat est actuellement en cours de constitution. Ils dénoncent les conséquences liées aux essais nucléaires français, les premiers démarrant au Sahara en 1960, avant d'être expérimentés en Polynésie française jusqu'en 1998. Selon les estimations, 150.000 personnels militaires ont été associés à ces tirs aux conséquences sur la santé jamais officiellement éclaircies. La France ne reconnaît pas
Du côté des associations qui œuvrent pour une reconnaissance des pathologies associées, le combat continue pour que l'Etat français reconnaisse ses erreurs, comme ont pu le faire, ces dernières années, d'autres grandes puissances nucléaires. Mais la partie est loin d'être gagnée. On la croyait bien engagée avec les prises de position de Jacques Chirac mais les longues procédures juridiques et les échecs des premiers requérants montrent que la France n'est pas prête à faire sauter le verrou. Le verrou de ses caisses surtout puisqu'il s'agit de gros sous et que les indemnisations grimpent à hauteur des dramatiques conséquences de santé. Cancers se déclarant quelques dizaines d'années après la présence sur le terrain,
leucémies fulgurantes, pathologies déclarées par descendance. « 37 % des vétérans du nucléaire décèdent du cancer alors que la proportion nationale se situe dix points en dessous », constate le secrétaire de l'association, Jacques Dezetter. Les chances d'aboutir Une réunion de travail était organisée, hier après-midi, au cercle des officiers mariniers, en présence de deux avocats spécialisés. Des anciens militaires, des épouses et des veuves assistaient à cette réunion qui avait pour but de décrypter le long chemin de la procédure juridique. Tout d'abord faire une demande officielle de pension avant de lancer le complexe engrenage de la justice. Mais qui va engager les frais, quels seront les délais, quelles sont les chances d'obtenir gain de cause ? N'est-ce pas une dépense du peu d'énergie qui reste à certains, affaiblis par la ou les maladies ? Longue bataille juridique Les dossiers individuels n'aboutiront pas avant une grosse année voire deux ans ont prévenu les avocats qui ont joué carte sur table. Des expertises médicales sont indispensables pour appuyer les dossiers.A l'exception de ceux qui disposent d'une aide juridique, les frais sont à la charge des requérants.Mais les plus déterminés ne sont pas à un obstacle près.