A.N.V.V.E.N

Association Nationale Vétérans Victimes Essais Nucléaires

 

Témoignages divers adhérents A.N.V.V.E.N.

bonjour je suis herve b ex qm1 mecae aero matricule 05 64 12592 plieur de parachutes au gan hao de 68 a69en 1976 j ai rencontre de tres graves problemes de sante paralysie faciale ensuiteapres de nombreuses hospitalisations a l hopital raymond point carre a garches diagnostic syndrome de myasthenie goitre thyoridien perte des dents sans cause 2 infartus mis en invalidite sans explications 4500 francs de pension mensuelle il faut vivre ou survivre avec cela je suis toujour a ce jour sous traitement medical j ai perdu enormemnt de force musculaire j ai pour la myasthenie le meme traitement que les soldats americains ont eus en traitement preventif lors de la premire guerre du golf pyridostigmine a hao les avions apres les tirs etes laves et nous avec l armee de l air nous avions un atelier commun de pliage ou nous prenions a plein bras les parachutes freins sans aucunes protection ensuite douche et apres permission a papeete que nous on t il fait faire depuis 1984 j ai ete suivi et hospitalise pendant 12 oui 12 annees a garches amiens cochin surennes la salle petriere alors a ce jour je ne sors plus probleme de deformation du visage et de marche difficile tres grande fatigue musculaire sans faire d efforts cordialement herve bauchart

Mon beau-père, Jean-Claude Page est entré dans la marine nationale en 1955 en tant qu'électricien. Après sa formation initiale, il a embarqué sur : le D.O. LAFFAUX (55-56); l'E.E. TARTU (56-59); le l'A.M.F. Toulon (59-60); l'E.E. DUPETIT THOUARS (60-61); l'E.E. SURCOUF (61-62); le P.A. ARROMANCHES (63-66).

En 1966, Il est "désigné" sur le pétrolier "VERDON", car à cette époque, la marine ne s'embarrassait pas de faire appel aux volontaires et désignait les marins; sans état d'âme. Ainsi, c'est au mois de décembre 1966 que le second maître Page prend l'avion pour la première fois de sa vie et quitte femme et enfant pour le pacifique où il séjournera plus d'une année en qualité d'assistant sécurité. Cette fonction le chargera notamment de la gestion des dosimètres du bord et il effectuera de nombreuses missions à Moruroa jusqu'en décembre 1967.

Il embarquera à nouveau : Le D.O. CANTHO (68-69); Ecole des électriciens comme instructeur (69-73); Gabarre CIGALE (73-76); SLPA Brest (76-80) et BAN Lanvéoc (80-84).

Le maître principal Page a pris sa retraite en 1984.

En janvier 2003, son état de santé s'est brusquement altéré pour devenir inquiétant. Les investigations médicales ont rapidement mis à jour un cancer de la prostate déjà métastasé dans les os et tellement avancé que les spécialistes ont convenu que la maladie s'était probablement déclarée depuis au moins cinq ans.

Jean-Claude a, en plus des affres de la dégradation physique, dû subir un accident vasculaire cérébral en juin 2003 qui lui a occasionné bien des souffrances; au-delà de ce que l'on peut imaginer.

La suite, hélas, s'est déroulée de manière impitoyable. Comme annoncée dans les pires scénarii et sans aucun répit.

Malgré une farouche volonté d'en sortir, un traitement hormonal, une chimio thérapie et des rayons (encore ?), à l'été 2004 survient un syndrome méningé qui sera suivi de confusion mentale et d'un enfoncement progressif et permanent.

Enfin, comme lassée de dispenser des traitements en vain, la médecine a consenti à le ramener chez lui pour quelques temps; pour un enfer quotidien, une déchéance cruelle et une angoisse sans nom.

Jean-Claude Page s'est éteint le 8 août 2005 à l'hôpital de Crozon où il a séjourné durant deux mois pour draper son agonie d'un linceul convenable et convenu.

 

 

Créature merveilleuse et capricieuse, la mer embrasse ses marins comme ses propres enfants, d’une étreinte charnelle.

La plupart du temps, folle d’amour, elle les porte avec passion, les berçant tendrement.

Mais parfois, hérissée d’une blanche colère, elle devient alors sombre de cruauté.

Pourtant, toujours adorée.

 

A la mémoire de Jean-Claude Page.


Lettre de Cécile K 29160 Crozon
pour madame Page.
Quand j'ai appris le décès de jean-claude , votre époux , j'ai pensé "lui non plus n'a pas été épargné par les retombées des expériences militaires des essais de la bombe atomique Française dans le Pacfique".
J'ai séjourné avec mon mari et mes enfants de 1967 à 1969 à Tahiti, et nous avons eu le plaisir de recevoir jean-claude PAGE chez nous,
Il venait quand son bateau le pétrolier "Le Verdon , revenait à Papeete après avoir ravitaillésur le site des essais nucléaires.
Je dois par ce témoignage chère amie , vous prover mon soutien , car mon mari et les autres officiers-mariniers qui venaient chez nous à cette époque,
sont tous décédés depuis , et de la même cause.
Je vous prie de croire chère madame PAGE à mes sentiments les meilleurs.
Lettre extraite de Madame cécile Kerdreux veuve de colonel.

 

Ludovic Coué


Maistrancier de la promotion 64/65, ancien S/M détecteur du Clémenceau puis officier d'administration, engagé avec la force ALPHA lors des essais nucléaires en Polynésie (1968), je préside (avec 2 autres O/M) l' Association Nationale des Vétérans Victimes des Essais Nucléaires ANVVEN déclarée à Brest et dont le but est de venir en aide aux collègues et leurs ayants droit (veuves et orphelins). Les essais nucléaires furent impitoyables pour nombre d'entre nous qui subissent de graves séquelles nécessitant des traitements lourds et invalidants. De nombreux camarades sont prématurément décédés, laissant une famille désemparée. La Nation ne reconnaît pas le lien de causalité imputable au service rendu et les actions individuelles engagées en vue d'une reconnaissance assortie d'un juste dédommagement sont une nouvelle épreuve souvent insupportable pour nombre d'entre nous. Rejoignez-nous car c'est le nombre qui fera notre force. Contact: Pierre Marhic Tel: 02 98 47 02 84. e mail: agrima@libertysurf.fr
Essais nucléaires. Une nouvelle plainte Deux associations et onze victimes des essais nucléaires français effectués entre 1960 et 1996 dans le Sahara et en Polynésie ont annoncé hier leur intention de déposer une plainte contre X pour « homicides involontaires ». Les plaignants, civils et militaires ayant été exposés aux essais nucléaires atmosphériques ou souterrains menés dans les années 60 dans le Sahara algérien, puis en Polynésie souffrent tous de pathologies graves liées à cette irradiation massive. Les familles de deux personnes décédées se sont jointes à leur action, ainsi que l'Association des vétérans des essais nucléaires (ANVVEN) et l'Association Moruroa e Tatou qui comptent plus de 5.000 adhérents. Une association algérienne est en cours de constitution. Ses membres n'ont pas obtenu de visas pour venir en France. « Les autorités militaires et civiles françaises en charge des expériences nucléaires n'ignoraient pas les risques auxquels elles exposaient les personnels civils et militaires chargés de procéder à ces expériences, les populations vivant à proximité des lieux de ces expériences », note la plainte qui sera déposée lundi. Leucémie, cancer gastrique... Alfred Pautehea, qui participait à la réfection des pistes à Fangataufa, souffre d'une leucémie. Jean-Pierre Simon, qui a effectué son service militaire à Mururoa, est mort en octobre 2002 d'un carcinome (cancer) gastrique. Gérard Dellac, exposé sur la base de Raggane (Algérie) de 1959 à 1969, pré sente de multiples kératoses actiniques du visage, du cou, des oreilles, du dos et des mains. Il s'agit de lésions cutanées précancéreuses qui se pré sentent sous la forme de plaques sèches. Le ministère de la Défense a souligné après l ' annonce du dépôt d e cette plainte que « les questions soulevées sont bien connues » du ministère et que « le dialogue a été constant avec les vétérans » . On estime à 150.000 le nombre de personnes qui ont assisté aux 210 essais nucléaires français. Une première étude médicale réalisée par les associations sur 720 vétérans montre que 30 % d'entre eux sont atteints de cancers, contre 17 % de la population nationale du même âge. Médecins du Monde a lancé une nouvelle étude en Polynésie.
Intéresse M Benoît Duquesne. Ce soir l'émission Document d'enquête traitera de la loi du silence dans le domaine du nucléaire. Je voudrais vous signaler que les personnels civils et militaires (150 000) qui ont participé aux essais nucléaires dans le Sahara puis en Polynésie de 1960 à 1996 sont eux aussi soumis à la loi du silence. De nombreux vétérans sont prématurément décédés ou souffrent de pathologies très lourdes: cancers notamment. Les veuves et les orphelins sont abandonnés par l'Etat français qui refuse de reconnaître le lien de causalité imputable au service effectué. Aucune étude épidémiologique n'est lancée dans ce domaine. Cette affaire est comparable à celle de l'amiante.....avec le Secret Défense en prime. Les victimes affaiblies et isolées, sont conduites à mener des procédures individuelles, longues et coûteuses dont bon nombre ne verront pas la fin. Je vous serais très reconnaissant d'aborder ce problème humain avec vos invités. En vous remerciant par avance. Pierre Marhic Président de ANVVEN (Association Nationale de Vétérans Victimes des Essais Nucléaires.) statuts déposés à la sous préfecture de Brest récépissé nœ 11 087)
article journal "LE TELEGRAMME "
Nucléaire. Les vétérans sortent de leur silence Alors que les ravages de l'amiante éclatent au grand jour, un autre scandale, longtemps « Secret défense », sort peu à peu des limbes de l'Histoire récente. Entre 1960 et 1998, au Sahara puis en Polynésie, l'armée française s'est livré à 200 essais nucléaires. Cancers, maladies cardio-vasculaires... décimeraient aujourd'hui les vétérans de ces essais. Ils viennent de créer l'ANVVEN (*). Les Etats-Unis reconnaissent, depuis 1998, une vingtaine de cancers directement liés à leurs essais nucléaires. « Pourquoi la France ne veut-elle pas donner les mêmes droits à ses vétérans ? », interroge Pierre Marhic, Jean-Henri Bouffard et Jacques Dezetter, membres de l'Association nationale des vété rans victimes des essais nucléaires. 154.700 personnes concernées Dans le désert du Sahara, 17 essais nucléaires furent réalisés par l'armée française entre 1960 et 1966 avant qu'elle ne choisisse le site de l'atoll de Mururoa, pour 193 autres (dont 46 atmosphériques), entre 1966 à 1996 (le site est aujourd'hui encore interdit d'accès). Cent cinquante mille personnels - militaires ou membres du commissariat à l'énergie atomique - ainsi que 4.700 travailleurs polynésiens, auraient ainsi été exposés, sans protection particulière, à des doses radioactives importantes. « Plus l'irradiation est importante, plus les effets sont retardés », pointe Jacques Dezetter. Depuis une quinzaine d'années, d'alarmantes pathologies se déclarent, selon eux, chez de nombreux vétérans. Cancers du sang, tumeurs... Las « du mépris des autorités militaires », quelques-uns d'entre eux viennent donc de créer une association, dont le siège est situé à Bohars (29). « Aucun gouvernement ne s'est penché sur le suivi médical des vétérans. 37 % d'entre eux sont aujourd'hui atteints de maladies diverses; cardio-vasculaires, endocriniennes, ophtalmologiques ». Les cancers sont aussi, selon eux, légion : « Chez les vétérans et les anciens travailleurs polynésiens, les cancers du sang, ainsi que des tumeurs malignes comme les lymphomes ou les myélomes sont trois fois plus élevés que la moyenne française ». Une adhérente raconte encore le calvaire de sa fille, née avec trois chevilles. « Des fausses couches, des malformations congénitales ont été constatées dans les familles de vétérans ». Droit aux soins gratuits et à l'information L'ANVVEN va maintenant militer pour, notamment, l'obtention de la carte de soins gratuits pour les vétérans et leurs descendants, un suivi médical permanent et gratuit, l'attribution de pension de réversion à 100 % pour les veuves et orphelins, le versement de pension d'invalidité, le droit à l'information et l'accès aux dossiers médicaux... Ainsi que sa participation aux travaux de l'observatoire de la santé des vétérans. Michel Alliot Marie, ministre de la Défense, en a, en effet, annoncé la création. Selon l'ANVVEN, aucun représentant d'associations n'est encore prévu au sein des comités directeur et scientifique de cet observatoire. Simple oubli sans doute. * Association nationale des vétérans victimes des essais nucléaires. 06.63.76.68.56 ou 02.98.47.02.84. (Thierry Charpentier)

Bonjour, J'allais sur la Coquille également pour surtout les Gambiers et j'effectuais des prélèvements de plancton sur Moruroa dans le lagon et à l'extérieur.J'allais également sur Réao, Pukaruha, Tématangui, Maria, Tureia, Hao etc... J'étais responsable de la station du SMCB de Hao de 1968 à 1971 et avant sur la Bayonnaise de 1964 à 1966 où j'étais présent pour les trois premier tirs. Nous sommes que trois, pas retrouvé d'autre membre, de La Bayonnaise avec de gros problèmes, cancers, cécité, problèmes prostatiques etc..Je pense que votre Beau Père était avec moi au Service Mixte Contrôle Biologique. Nous sommes très peu de survivants du service ABJEAN qui était à Mahina est décédé en 2003 d'un cancer radio induit des poumons (Plutonium 239). J'ai de très gros problèmes de santé, mais rien à comparer de certain. J'ai écrit mes mémoires "Mémoires d'un Irradié de la République" que je vends 9 euros plus 1 euros 90 de frais de port. Ce qui m'interresserait surtout c'est de rentrer en contact avec lui car je croyais être le seul survivant, en ce qui concerne les Tahitiens plus aucun de vivant. Je faisais partie de l'Association Nationale de Vétérans Victimes des Essais Nucléaires dont le siège social est au 7, rue Moulin du Rufa 29820 BOHARS, Lui dire également que nous avons des gars du S.M.S.R dont un avec deux cancers radio induits. A part cela la vie est belle et je profite des instants présents. Merci de lui transmettre mon message vous ne savez à quel point cela me ferait plaisir de prendre contact avec lui. Merci encore de votre courriel.
reçu ce 02.06.2006
Mon voisin cet après midi vient de mourir après grosse grande souffrance: cancer généralisé .
Il aurait travaillé près de 20 ans aux essais nucléaires dont Mururoa. Son nom : Serges Bernard Dubourg .
Un petit homme que je croyais-voyais taciturne, solitaire bourru & que j'ai découvert plein d'humour, malgré ses déplacements douloureux, depuis le début de l'année. Il y a 1 an 1/2 ,
il avait pris sa retraite -alternant campagne,& ville. Il s'était donné à fond dans son travail de buraliste alors que sa femme tenait tout aussi passionnément sa boutique de fleuriste.
Tous 2 ont eu + que difficultés financières avec les travaux du tram de Bordeaux car "ligne" à leurs portes . Il y a 15 jours , alors que c'était son 1er jour de retraite, Liliane dû faire appel au SAMU : il ne pouvait plus respirer, étouffait. Avec le masque à oxygène , il m'a offert son sourire encore pétillant de malice . 5 jours + tard , il nous revenait ayant signé décharge , préférant son chez lui & la compagnie de sa femme.
Maintenant la voici veuve , traumatisée, effondrée. C'est pour elle -& pour lui qui ne fut , pas plus que vous, prévenu des potentiels dangers où son travail l'exposait- que j'ai fait recherche d'internaute , & que je veux agir.
Pour cela j'ai besoin de votre aide , d'où cette lettre. Oui , pour moi déjà contre ces essais nucléaires (signes d'agressivité & de mépris) je voudrais que justice soit faite .
Mais comment faire & où nous adresser ? sachant déjà que , hors l'émission de Thalassa qui nous avait documenté - passionné & atterré , nous sommes femmes autodidactes cad non versées vers les sciences & le juridique !!!
Nos moyens financiers sont de même hauteur : petits. Non, même si cela lui serait utile & juste , au nom de Liliane -qui ne sait pas encore ma démarche mais dont je connais le coeur- ce n'est pas l'argent qui sera le motif de notre plainte,
mais plutôt la reconnaissance de la cause de ce veuvage précoce .
Car NON , il n'est pas concevable qu'il y ai irresponsabilité des politiciens & des scientifiques . Oui je mets en cause les uns & les autres, incriminant cependant plus les politiciens qui ont fait choix de mort tout en se protégeant eux.
Merci de votre aide & bien respectueuse salutations.
M.Glémet . 33400 Talence .

Bonjour Monsieur
MERCI + + +
Mme Madeleine Glémet 33400 Talence

Le corps de Bernard a été incinéré mardi dernier . Nous étions nombreux à "l" accompagner , ainsi que sa femme - notre chère Liliane- et toute sa famille . La "cérémonie" semi-laïque était très émouvante , poignante. J'ai fait un rêve" de Martin Luther King - texte que Bernard aimait beaucoup - fut lu par l'un de ses petits enfants & c'est sur " le grain de blé mis en terre .." que sa belle fille, avec l'humour de Bernard, lui a "parlé" , nous a remis dans la "paix" . Bernard avait 59 ans !! se disait athée , mais , je le crois , à cause de la bêtise & méchanceté !! de certains humains. Sa veuve , ma chère Liliane, grande dame par son coeur également , a reçu , par photocopie, les condoléances de votre président & donc de toute l'association . Tous les jours avant l'incinération, elle était à la morgue pour . parler à celui qu'elle aimait tant . Maintenant , c'est sa famille qui l'a prise pour un temps avec eux puisqu'ils avaient loué 1 villa pour eux dans le pays basque . C'est Bien. Nous avons parlé un peu ,nous sommes tendrement embrassées mais , non, pour l'instant , je n'ai pu lui faire signer quoique ce soit . D'ailleurs je n'ai pas votre formulaire , ne sais même pas le voir & donc le "sortir".Cependant , c'est en double exemplaires que je voudrais l'avoir .1 pour moi : en tant adhérente & 1.. ou + pour Liliane, qq'uns de la famille & même voisins. C'est trop injuste . j'ai besoin de m'engager moi qui suis la timidité & l'effacement même. Comment je vous prie , fait-on pour renvoyer ce message ? Encore grand MERCI . Bien amicales et respectueuses salutations. Mag.


Témoignage de André Le D. (Brest) MP navigateur Matricule *****
De fin mai 1971 à fin mai 1972 j’étais embarqué sur l’EDIC 9074 dit « edic ballon » armé par environ 18 marins où je servais comme commandant en second. Je n’ai jamais vu de dosimètre individuel. Le PM mécanicien prenait chaque jour le taux de contamination du bâtiment, transmis à l’autorité militaire !! L’appareil crépitait fort et faisait beaucoup de bruit. Je ne connais pas les résultats des mesures effectuées.
L’EDIC servait au transport du ballon pour les tirs d’Anémone au point zéro (Dindon ou Faucon) . Nous étions les derniers à quitter Mururoa après la pose du ballon au point zéro. Nous naviguions 2 à 3 heures dans la direction opposée au vent. On tournait le dos à Mururoa avec des lunettes noires sur les yeux pour seule protection. A l’impact, le souffle nous donnait un grand coup dans le dos, les tôles et membrures de l’edic craquaient comme s’il allait se disloquer et demi tour immédiatement sur Mururoa pour embarquer un autre ballon. Les civils sur place étaient habillés en cosmonautes et nous marins, en tee-shirt et sandalettes. Les Légionnaires ont lessivé le bâtiment pendant qu’on nous éloignait discrètement, pour profiter d’un goûter. Le 31 juillet 2008, j’ai adressé un courrier à DPM- CTIRA de Toulon pour connaître les résultats des relevés effectués à bord, afin d’appuyer mon dossier médical. Mes premiers soucis ont commencé en 1974-1975 par des baisses de tension répétitives sans explication. Le traitement ne comportait que des fortifiants. En 1983 alors que j’avais quitté la marine nationale depuis le 1er juin 1979, j’ai contracté une mononucléose infectieuse très rare chez un adulte de mon âge. Ne me remettant pas, mon médecin traitant de l’époque le docteur Surbled me prescrivit des analyses de sang plus approfondies et décela une inversion leucocytaire importante. J’ai subi un arrêt de travail (un an) sans autre traitement que des fortifiants à très forte dose (3 fois par jour) . J’ai subi une ponction de moelle au niveau du sternum et un peu plus tard une biopsie de l’os à la hanche. Au vu des résultats, le professeur Piguel responsable du centre Becquerel de l’hôpital Charles Nicol de Rouen est arrivé à la conclusion que mes problèmes ne pouvaient être expliqués que par le nucléaire. Au bout de cette année d’arrêt, me sentant mieux, j’ai décidé de reprendre mon métier d’officier de port, au port autonome de Rouen. Deux mois plus tard, mon médecin me remettait en arrêt. Dans le même temps, ma femme s’est trouvée enceinte et notre médecin nous a fortement conseillé de faire pratiquer une IVG. Il estimait que nous avions 90% de risques d’avoir un enfant porteur d’anomalies. En 1989, j’ai arrêté mes fonctions au port autonome de Rouen et suis rentré en Bretagne. En 2001, après des examens à l’hôpital des armées de Brest, le docteur Florentin du service ORL, a détecté un cancer à la mâchoire. J’ai eu la chance d’être opéré par une équipe de chirurgiens très compétents. Mais aujourd’hui, 5 ans après l’intervention, je suis confronté à de gros soucis pour me nourrir. N’ayant plus de gencive inférieure et ma langue me servant de fond de bouche, la mastication est impossible. Ce qui provoque beaucoup de désagréments. Mais je vis avec, bien que cela me procure une tension nerveuse et demande un contrôle permanent pour déglutir. Aujourd’hui, je reste sous surveillance médicale en ORL. Pour l’instant tout semble normal bien que je doive revoir le biologiste pour mon inversion leucocytaire qui le préoccupe.
J’espère que mon témoignage apportera un plus à votre association ANVVEN. A Brest août 2008.


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